lundi 22 juin 2009

Coming Soon de Sopon Sukdapisit

Coming Soon est un film thaïlandais de Sopon Sukdapisit sorti en 2008. Il est interprété par Worrakan, Punch Rotjanawatchr, Sakulrath Thomas et Chantawit Tanasaewee.



Après le Japon et la Corée, la Thaïlande s'est avéré une nouvelle terre bénie pour les amateurs de cinéma horrifique. Les thaïlandais savent faire peur, que ce soit avec des oeuvres s'inscrivant dans leurs traditions religieuses comme Hell de Tanit Jitnukul, Sathit Praditsarn et Teekayu Thamnitayakul et The Unseeable de Wisit Sasanatieng, ou des films gores bourrés de sorcellerie (la saga des Art of the Devil). Sopon Sukdapisit a travaillé sur le script du terrifiant Shutter et pour cela il est béni parmi les bénis. Voilà sa première réalisation, qu'il scénarise également : Coming Soon.

Le film est une énième variation sur le thème du fantôme vengeur. Ici c'est le spectre d'une vieille sorcière qui décime tous ceux ayant vu un certain film d'horreur narrant précisément l'histoire de la pendaison de cette dernière. Les premières victimes se trouvent dans le personnel d'un multiplex et nous suivons deux jeunes projectionnistes tentant de copier la bobine hantée avant sa sortie pour en permettre la diffusion pirate.

Coming Soon tire bien son épingle du jeu, malgré son intrigue de départ qui rappelle furieusement Ring et sa vidéo maudite, et en dépit de son développement d'un classicisme éculé (enquête sur la mort du spectre pendant que des scènes surnaturelles se multiplient et que les cadavres s'accumulent). Les scènes de frousses sont efficaces et le film dans le film est absolument terrifiant. Pour les habitués du cinéma hollywoodien où un enfant ne peut jamais être vraiment en danger les exactions de la sorcière sont épouvantables...

Rien de nouveau sous le soleil, mais un solide film de fantôme, avec une touche thaïlandaise qui le distingue des productions nipponnes et coréennes. Comme quoi Sadako n'a pas fini de faire des enfants partout dans le monde, et c'est tant-mieux.

The Cell 2 de Tim Iacofano

The Cell 2 est un film américain réalisé par Tim Iacofano en 2009. Il est interprété par Tessie Santiago, Chris Bruno, Frank Whaley, Bart Johnson et Larry Filion.



Je suis un grand fan de The Cell. Certes le scénario de Mark Protosevich n'est qu'un prétexte pour aligner des scènes oniriques surréalistes, mais cela reste une oeuvre d'une beauté et d'une originalité exceptionnelle. Chaque décor est majestueux et sublime, chaque costume est alambiqué et royal. Même si l'ensemble ressemble plus à une clip somptueux de 107 minutes qu'à un film il faut reconnaitre que le travail de réalisation de Tarsem Singh est époustouflant avec des références à Francis Bacon et Salvador Dali...

Voilà qu'en cette belle année 2009 sort une suite en direct to vidéo à notre chef-d'oeuvre sous estimé. Tarsem Singh cède sa place à Tim Iacofano, inconnu complet s'étant seulement illustré en mettant en boîte quelques épisodes de 24 heures chrono et des Experts : Manhattan.

Tessie Santiago prends la place de Jennifer Lopez dans le rôle de l'héroïne. Sauf qu'elle n'est pas une psy explorant l'esprit d'un tueur dans le coma à l'aide d'un appareil compliqué mais une sorte de voyante extralucide qui nous fait son trip à la Dead Zone en tripotant des objets des victimes et en ressentant des flash flous ou surexposés. Elle enquête sur The Cusp, un tueur en série qui exécute puis ramène à la vie ses victimes pour pouvoir recommencer (comme quoi, les pratiques écologique de recyclage touchent même les prédateurs). Elle en d'ailleurs été elle même victime, d'où la présence de ses dons.

Exit les décors grandioses, la photographie léchée et les couleurs chatoyantes. Nous avons un machin sans saveur ni esthétique qui ressemble plus à un mauvais téléfilm allemand qu'à une oeuvre d'art plastique. Les CGI sont pitoyables et rappellent les balbutiements des images de synthèses, la bonne volonté en moins. Parfois, l'espace d'un plan, on sent l'influence de The Cell puis tout s'estompe et il ne reste dans la pupille que le goût amère de la déception.

On pourrait disserter des heures en comparant les deux films tant tout les sépare : là où Tarsem Singh privilégiait les plans larges, les cadrages symétriques et propres et les travelling fluides, Tim Iacofano nous offre un montage haché, avec une caméra qui tremble et un angle de vue étriqué qui fait penser à Wolfenstein 3D (vous savez, le jeux vidéo sorti en 1992). Ses décors sont exigus et ses couleurs sont crades, baveuses et rouillés. Enfin, réfléchisses un peu : The Cell c'est pas Saw (surtout que Saw, sans le gore, n'est plus qu'un machin vide).

Les scènes oniriques sont rares (voir absentes, puisqu'il s'agit, la plus part du temps, de souvenirs), l'essentiel du film se résumant à une enfilade de clichés : le FBI qui s'engueule avec les flics bouseux, l'héroïne qui veut plus rempiler mais qu'on convainc en lui fourrant sous le nez une photo d'un innocente victime, une poursuite en bagnole, bref, ce genre de choses.

Pour conclure, The Cell 2 décevra les fans du premier, les amateurs de cinéma et les spectateurs doté d'une paire d'yeux. Les aveugles y trouveront peut-être leur compte s'ils ont la force de se boucher les oreilles pendant les 94 minutes que ça dure.

mardi 16 juin 2009

The Thing That Couldn't Die de Will Cowan

The Thing That Couldn't Die est un film américain de Will Cowan sorti en 1958. Il est interprété par William Reynolds, Andra Martin, Jeffrey Stone, Carolyn Kearney et Peggy Converse.



The Thing That Couldn't Die est un métrage bien connu des amateurs de nanars et de rétro-fantastique en noir et blanc. Avec son passage au Mystery Science Theater 3000 et sa moyenne de 2.6 sur IMDB il n'a plus rien à prouver.

Une jeune fille avec des dons de sorcellerie dévoile l'emplacement d'un coffre. Dans ce coffre se trouve la tête tranchée d'un criminel exécuté cinq siècle auparavant et encore en vie. Mais cette tête est maléfique...

Oscillant sans cesse entre le navet et le nanar, The Thing That Couldn't Die est relativement ennuyeux, même si le scénario pris dans son ensemble est vraiment rigolo. Jugez vous-même : la tête a le pouvoir d'hypnotiser n'importe qui en un simple regard, hormis l'héroïne protégée par son pendentif, et au lieu de contaminer tout le casting elle choisit la plus faible des femmes du groupe qui ne parvient même pas à débarrasser la jeunette de son bijoux. Je sais pas, moi j'aurais prix un ou deux mec costaud, j'aurais arraché l'artefact et le tour aurait été joué à la vingtième minute du film. Au lieu de ça la tête s'acharne à retrouver son corps... qui visiblement le rend vulnérable et le prive de tous ses pouvoirs ! Encore un bel exemple de créature maléfique surpuissante asseyant pendant tout le film de se retrouver délibérément dans une situation de vulnérabilité (c'est toujours d'actualité, pensez à Mirrors d'Alexandre Aja, par exemple).

Le rythme est poussifs et les 69 minutes du métrage sont essentiellement constitué de remplissage maladroit. L'héroïne, incarnée par Andra Martin, est correctement interprétée mais se voit affubler de répliques hilarantes (genre : "vous êtes tous méchants, je voudrais qu'un arbre vous écrase, nananère"). Cependant l'idée du contrôle d'esprit est bien pensée et on se prends par moment à apprécier le métrage, même s'il faut faire un efforts pour ne pas éclater de rire ou sangloter devant le gâchis.

dimanche 14 juin 2009

13 jeux de mort de Chukiat Sakveerakul

13 jeux de mort (13 game sayawng, parfois 13 Beloved) est un film thaïlandais réalisé par Chukiat Sakveerakul en 2006. Adapté d'une bande dessiné de Eakasit Thairatana, il est interprété par Krissada Terrence, Achita Wuthinounsurasit, Sarunyu Wongkrachang et Nattapong Arunnate.



Tout commence avec Puchit, un jeune cadre peu compétent, plaqué par sa fiancée pour des raisons financières et perdant dès les premières minutes du film son emploi. Il reçoit alors un coup de fil lui proposant de participer à un jeu constitué de 13 épreuves de difficulté croissantes avec 100 millions de bahts à la clef. Mais les actions demandées sont de plus en plus répugnantes et illégales.

Une succession de défis avec une grosse somme d'argent en jeu ce n'est pas vraiment une idée neuve. Dans le genre nous avons par exemple House of 9, centré sur un huis-clos psychologique et Tokyo 10+01, un délire total réalisé par Higuchinsky (responsable de l'incroyable Uzumaki).

Contrairement à des films comme Saw, Battle RoyaleNaraka 19, où c'est l'instinct de survie qui motive les joueurs à réussir leurs épreuves où à vaincre leurs concurrents, la seule motivation qu'à le héros dans 13 jeux de mort c'est l'argent, ce qui le rend immédiatement moins sympathique, même si sa bonne volonté et sa nature docile et généreuse permettent une certaine empathie. Puchit a la possibilité d'arrêter à tout instant la partie s'il renonce à ses gains, et le tour de force de l'oeuvre est de le faire oublier au spectateur.

La réalisation est simple et directe avec certaines scènes qui s'éternisent jusqu'à ce que la répugnance du spectateur soit totale. Le scénario, pour sa part, est un peu léger et cousu d'incohérences et de maladresses mais cela se pardonne facilement quand on constate l'efficacité de l'ensemble. 13 jeux de mort est la confirmation qu'après Art of The Devil de Tanit Jitnukul, 999-9999 de Peter Manus et The Unseeable de Wisit Sasanatieng, la Thaïlande est un nouvel eldorado du cinéma horrifique.

mercredi 10 juin 2009

Vendredi 13 de Marcus Nispel

Vendredi 13 est un film américain réalisé par Marcus Nispel, déjà responsable du nouveau Massacre à la tronçonneuse. Il est interprété par Jared Padalecki, Derek Mears, Amanda Righetti, Ryan Hansen et Jonathan Sadowski.



Remaker un classique de l'horreur, fondateur d'une saga de 10 films (11 si on comptes Freddy contre Jason) est délicat. Comment gérer l'héritage du passé sans sombrer dans la redite ? Ce nouveau Vendredi 13 fait un choix original et nous offre un concentré de la saga.

Ça commence par la fin du premier film, avec la mère de Jason, Pamela Voorhees, qui avoue le massacre de tous les moniteurs de colonie de vacance et qui se fait décapiter par l'héroïne avant que Jason ne fasses son apparition, puis on enchaine immédiatement sur une bande de jeunes bourrés d'hormones et de bières qui, vingt ans plus tard, viennent chercher de la marijuana et un endroit pour forniquer tranquillement.

Là, Jason est masqué avec le sac de patates de ses débuts, le célèbre masque de hockey n'ayant fait son apparition que dans le troisième opus, Meurtres en 3 Dimensions. La scène clef du Tueur du vendredi est intelligemment décalqué, avec la découverte de l'autel dressé par le tueur à la mémoire de sa maman, autel sur lequel trône la tête de la génitrice. Jason travaille vite : le rythme est soutenu... Nous en sommes encore au prégénérique, vingt-trois minutes se sont écoulées et quatre ados sont déjà morts.

Résumer les deux premiers opus de Vendredi 13 avant même d'afficher "Friday the 13" à l'écran permet au réalisateur de ne pas trahir la genèse du plus emblématique des slashers sans perdre de temps en un inutile redite.

Jason a évolué. En plus de sa machette il utilise des pièges, un arc et des projecteurs quand il n'attaque pas carrément de jour. Ses victimes restent cependant dans la ligné de ce que nous connaissons tous. Leur grande quantité (13 corps) compensant leur faible QI.

Bourré d'ajouts originaux, bien réalisé et parfaitement dans l'esprit de la saga. Ce nouveau Vendredi 13 est un authentique slasher comme on en faisait dans les eighties. Il ravira les fans du genre mais aussi les petits ne connaissant pas encore Jason Voorhees, son masque de Hockey et sa machette. Le dernier plan, un superbe hommage au film Sean S. Cunningham, devrait vous faire sursauter comme le fit jadis Vendredi 13 en 1980.

Les Cavaliers de l'Apocalypse de Jonas Akerlund

Les Cavaliers de l'Apocalypse est un film américain de Jonas Akerlund interprété par Dennis Quaid, Zhang Ziyi, Lou Taylor Pucci, Barry Shabaka Henley et Patrick Fugit.



Les films de tueur en série se cataloguent en de nombreux sous-genres. Nous avons d'un côté les slashers, sans traque ni psychologie mais avec des meurtres rigolos et des victimes adeptes de bains de minuit et de l'autre des oeuvres plus sérieuses. Généralement les films appartenant à cette seconde catégorie sont centrés sur l'enquête. Là encore on peut faire une taxonomie : les clones du Silence des agneaux, centrés sur un tueur anormalement intelligent et brillant, les films qui se veulent réalistes, donc qui sont crasseux et glauques (L'Étrangleur de New York), ceux qui sont vraiment réalistes (Zodiac de David Fincher) et les giallo italiens (Ténèbres, Six femmes pour l'assassin, L'oiseau au plumage de cristal). Là encore il est possible de sous-catégoriser tout ça. Au final on a des dizaines de genres, tous plus codifiés les uns que les autres, et il est impossible d'innover véritablement.

Les Cavaliers de l'Apocalypse tente d'apporter un peu d'air frais à un genre saturé.

Un assassin, ou plutôt une bande organisée de tueurs en série, suspendent leurs victimes avec des hameçons, dans un position que les fans d'Ichi the Killer connaissent tous bien, avant de les vider de leur sang. Notre héros, flic veuf, refermé sur lui-même, sombre et dépressif (comme 99,99% des inspecteurs travaillant sur les homicides au cinéma), traine sa savate de scène de crime en scène de crime découvrant progressivement comment les meurtres sont liés aux quatre cavaliers de l'apocalypse. Dennis Quaid est impeccable, même s'il incarne un cliché ambulant.

Les Cavaliers de l'Apocalypse se rapproche d'Anamorph pour la mise en scène très élaborée de ses crimes, de Seven pour la dimension religieuse et de n'importe quel thriller pour son héros, un flic qui sacrifie sa vie de famille sur l'autel de son travail qu'il semble par ailleurs détester. Certains plans surréalistes rappellent même The Cell. La scène d'ouverture nous offre ainsi une collection de dents présentées sur un plateau argenté maintenu par une colonne étincelante, au milieu d'un lac gelé dans un désert enneigé. Hélas cette recherche esthétique occasionnelle ne suffit pas à faire des Les Cavaliers de l'Apocalypse un bon film.

Le scénario est bourré d'incohérences et d'invraisemblances. Par exemple les discussions avec l'informaticien nous apprends qu'a partir d'un processeur on peut trouver l'adresse physique de l'ordinateur dont il a été extrait, car les CPU connaissent leur IP, et que les disque durs sont constitués de RAM qui ne brule pas à l'intérieur, même quand l'extérieur s'enflamme à cause du magnésium, ce qui permet de récupérer les données.

Jeu de piste mal foutu, l'intrigue poussive ne sauve rien. Les révélations fracassantes se succèdent maladroitement sans qu'on y attache la moindre importance et l'ensemble prends tellement l'eau que même le Titanic semblerait faire un bon canot de sauvetage.

Quelques éléments de réflexion sur la jeunesse et le fossé des générations ne comblent pas le pitoyable édifice tant ils sont maladroits et gros comme des camions. Il n' suffit pas de mélanger psychologie, sociologie et horreur pour faire un chef-d'oeuvre comme le Cure de Kiyoshi Kurosawa ou le Suicide Club de Sono Sion.

mardi 24 février 2009

The Punisher de Mark Goldblatt

The Punisher est un film d'action américain réalisé par Mark Goldblatt sur un scénario de Boaz Yakin et sorti en 1989. Il est interprété par Dolph Lundgren, Louis Gossett Jr, Jeroen Krabbé, Kim Miyori, Bryan Marshall et Nancy Everhard



Faites abstraction du générique typique des années 80 avec son kaléidoscope hideux. The Punisher version 1989 est la seule véritable oeuvre à rendre hommage au plus psychopathe des super-héros (ou des super-vilains, c'est vous qui voyez). Pas d'introduction larmoyante du personnage comme dans la pathétique version de Thomas Jane. Ici, dès l'ouverture, le punisher est le punisher, a savoir un clone musclé du vengeur incarné par Charles Bronson dans Un justicier dans la ville de Michael Winner. Il a déjà commis 125 meurtres avant que le film ne commence, et il ne s'est pas écoule 5 minutes que ce joli total est passé à 129.

Dolph Lundgren se débrouille bien en assassin sociopathe et, même si le script lui ménage quelques faiblesses apocryphes, son étant d'esprit est vraiment celui du héros de comics : un tueur de sang froid qui élimine sans sourciller des dizaines de mafieux et de yakuza, sans même épargner ceux qui sont à sa merci.

Le film est un bel exemple des productions bourrées de testostérone que faisaient les américain il y a deux décennies. Comme dans Commando de Mark L. Lester, les explosions se multiplient inutilement et les cadavres se comptent par douzaines pendant que les balles fusent dans tout les sens, généralement en traversant sans dommages les personnages importants. Le final est d'ailleurs un beau carnage, avec une scène hallucinante ou notre héros ouvre le feu sur une bande de japonais occupés à pratiquer le kendo.

Tout au long de l'aventure Frank Castle est un vrai monstre. Il n'y a pas de tentative maladroite pour le rendre humain et, même s'il cède à un moment au chantage, il ne s'éloigne jamais de la voie qu'il s'est tracé : punir.

Alors la photographie est parfois trop bariolée et le montage est un peu bancal, mais il est facile de fermer les yeux sur ces défauts. Redécouvrez donc sans hésiter ce sympathique film de Mark Goldblatt.

mardi 17 février 2009

Game Box 1.0 de David et Scott Hillenbrand

Game Box 1.0 est un film américain de David et Scott Hillenbrand sorti en 2004. Il est interprété par Nate Richert, Danielle Fishel, Patrick Kilpatrick, Patrick Cavanaugh et Robert Tena.



Nash, un beta-testeur professionnel, geek à ses heures perdues, reçoit par la poste une console, la Game Box 1.0. Cette dernière se connecte directement au cerveau à l'aide d'un casque inspiré de celui de Brainstorm de Douglas Trumbull (avec Christopher Walken, sorti en 1983, un film qui cagne à être connu).

Les cinéphiles le plus déviant, ou les bienheureux ayant eut la chance de voir Cinéastes à tout prix, se souviennent de ce film de Jean-Jacques Rousseau (le cinéaste, pas d'écrivain) qui commence par « Vingt ans plus tard ». Gamebox 1.0 commence pour sa part par « Une semaine plus tôt ». Pour corser le tout, le message est doublé avec un ton hyper sérieux et fataliste - l'intonation qu'on emploie pour dire « Dans un monde en proie au chaos » ou « En 30320 la troisième guerre mondiale à réduit la terre en cendre », vous voyez de quoi je parles ? La même voix double d'ailleurs avec la même expression tout les messages informatifs, du genre « Los Angeles » ou « le matin ».

Avec un fond copié sur Les Griffes de la nuit (quand ils cauchemardent, les joueurs meurent dans la vraie vie, avec les même blessures internes que celles infligées dans leurs rêves), une thématique pompée sur Stay Alive de William Brent Bell (où un survival horror s'avère être fatal), et des références à GTA, Vidéodrome et eXistenZ, Game Box 1.0 fait feu de tout bois. On y trouve aussi une bonne dose de 2001: A Space Odyssey (la voix de l'ordinateur, et sa façon calme d'annoncer les pires crasses avec détachement), de Virtuosity et de Tron (que des bonnes choses, donc).

La soupe prend plutôt bien. Les effets spéciaux sont bizarres mais fonctionnels... Là où un film comme Passé virtuel misait sur une réalité virtuelle photo réaliste et indistinguable de notre monde, Game Box 1.0 donne vraiment l'impression de regarder un jeu (pas un titre moderne, plutôt un de ces machins maladroit à là Under A killing Moon ou Lands of Lore 3, avec des séquences en vidéo incrustées dans des décors numériques).

Le scénario, sans être exceptionnel, est cohérente. On est cependant loin d'une réflexion sur le jeu vidéo du niveau de Otogiriso (Ten Shimoyama) ou de Avalon (Mamoru Oshii) et l'ensemble s'adresse à un publique qui n'est pas forcément accro à la X-box ou aux FPS.

Ah, et pour ceux qui voudraient savoir, le soit-disant clone de Tomb Raider que teste le héros est en fait Riddle of the Sphinx: An Egyptian Adventure (pour Halo vous l'avez tous reconnu, donc je ne vais pas vous faire l'affront de le citer).

B.T.K. de Michael Feifer

B.T.K. est un film américain réalisé par Michael Feifer en 2008. Il est interprété par Kane Hodder, Amy Lyndon, Daniel Bonjour, John Burke, Jeff Coatney, Caia Coley et Wesley Stiller.



Dennis Rader, alias B.T.K. (Bind them, Torture them, Kill them) est le tueur en série devenu célèbre pour s'être fait attraper comme un bleu parce qu'il ne savait pas que les fichiers Word contenaient des métadonnées sur leur auteur, faisant ainsi de Microsoft un précieux allié de la justice et du "clic droit -> propriétés" un acte d'enquête criminelle.

Coupable d'une dizaine de meurtres perpétrés entre 1974 et 1991, et arrêté en 2005, Dennis Rader a déjà engendré plusieurs films. D'abord, l'année même de son interpellation, l'excellent téléfilm de Stephen T. Kay, The Hunt for the BTK Killer, très réaliste et documenté, ensuite B.T.K. Killer de Ulli Lommel (qui se traine une réputation lamentable) et enfin, en 2008, B.T.K. (comme quoi les titres vont en se simplifiant) de Michael Feifer. C'est ce troisième film qui nous intéresse aujourd'hui.

Michael Feifer décide de faire une fiction "vaguement inspirée de faits qui auraient pu arriver vraiment à la rigueur". Exit donc l'aspect quasi documentaire de l'œuvre de Stephen T. Kay. Avec une affiche inspirée de La colline à des yeux 2, B.T.K. nous expose ses meurtres avec moult effets bien gore, même si on reste à 100 kilomètres de la saga Saw ou de Hostel, et les détails de l'enquête sont laissés au second plan.

L'ambiance qui se dégage de l'ensemble est étrange, alternant entre les scènes ultra-violentes des meurtres, présentes pour d'évidentes raisons commerciales, et la vie paisible, monotone et ennuyeuse de Dennis. Nous découvrons donc d'un côté sa joyeuse famille (une femme et deux filles), ses problèmes d'abus d'autorité avec les chiens errants (véridique), son sens tout personnel de l'ordre et de la justice, et de l'autre son goût pour les armes à feu et les gros couteaux de boucher. Curieuse soupe...

La photographie est celle d'un DTV milieux de gamme (normal, c'en est un), mais, derrière la caméra, Michael Feifer n'est pas un débutant. C'est qu'entre Bundy: An American Icon, Ed Gein: The Butcher of Plainfield et Chicago Massacre: Richard Speck notre bonhomme a pris l'habitude de faire des séries B à partir de véritables tueurs en série. Dommage qu'il se soit finalement enferré dans une telle routine.

samedi 14 février 2009

Quarantine de John Erick Dowdle

Quarantine est un film américain de John Erick Dowdle. Il est interprété par Jennifer Carpenter, Steve Harris, Jay Hernandez, Johnathon Schaech, Columbus Short et Andrew Fiscella.



[REC] de Jaume Balaguero et Paco Plaza, sorti l'année dernière, est une petite pépite de cinéma de pétoche. Non pas que ce soit une oeuvre innovante, depuis Cannibal Holocaust l'idée de la bobine (ou de la K7, ou de la carte microSD) retrouvée après un film d'horreur est très a la mode, mais parce que c'était le premier long-métrage cinématographique à retransmettre une impression de survival horror, ces jeux où la peur prend le pas sur l'envie de tout flinguer. En d'autres termes, [REC] c'était une sorte d'Alone in the Dark ou de Resident Evil au cinéma (vous me direz que ces deux jeux existe déjà sur le grand écran, mais c'est faux, ce ne sont que des machins innommables et malheureusement homonymes).

Les américains, de leur côté, sont très doués pour reprendre les grands succès internationaux et les adapter à leur sauce. Après une période de pillage du patrimoine cinématographique Japonais (The Ring, Dark Water, The Grudge, Pulse, One Missed Call), où le meilleur cohabitait avec le pire, les voilà qui s'en prennent au cinéma hispanique. Qu'attendre d'autre d'une nation ou l'alphabétisation n'est pas assez bonne pour que la lecture des sous-titre puisse se faire de manière inconsciente et où tout ce qui n'est pas estampillé comme national est vu comme étant invendable ?

Quarantine est donc un remake américain de [REC]. Le scénario est le même : une reporter TV et son caméraman suivant une équipe de pompiers la nuit se retrouvent bloqués dans un immeuble où une sorte de rage à la 28 jours plus tard sévit, se propageant par morsure. Tout les accès sont bloqués et les ordres, donnés par des forces invisibles et avares en renseignements, sont de ne pas bouger.

Étant un peu élitiste j'ai toujours tendance à défendre bec et ongles les originaux par rapport à leur relectures hollywoodienne, mais là il faut bien reconnaître que la photocopieuse est bien réglée. Quarantine est très proche de son aîné et le seuls points qui diffèrent (un peu d'humour en plus pendant le premier quart-d'heure et un pompier plus héroïque, 11 septembre oblige), ne sont que des détails n'ayant pas d'influence sur le réel contenu du film : une succession de scènes chocs destinées à faire sursauter le spectateur, capturée en vue subjective par un des protagonistes du drame.

Alors Quarantine mérite-il le détour ? Soit vous n'avez pas vu [REC] et vous le regrettez : c'est l'occasion rêvée. Soit vous l'avez vu et vous voulez le revoir, et c'est encore l'occasion idéale. En revanche, si vous avez détesté [REC], vous n'avez aucune chance d'aimer Quarantine (sauf si vous êtes américain).

Behind the Mask: The Rise of Leslie Vernon de Scott Glosserman

Behind the Mask: The Rise of Leslie Vernon est un film américain réalisé par Scott Glosserman. Sorti en 2006, il est interprété par Nathan Baesel, Angela Goethals, Robert Englund, Scott Wilson, Zelda Rubinstein et Bridgett Newton.



De l'extérieur, Behind the Mask est un slasher. Mais en fait c'est un slasher vu de l'intérieur, donc ce n'en est plus vraiment un. Une équipe de reporters suit Leslie Vernon, un futur égal de Jason Voorhees et Michael Myers. Perfectionniste, méticuleux, obsédé par la préparation, très calé en anatomie (sa bibliothèque comporte un grand nombre d'ouvrage, dont Grey's Anatomie) et connaissant tout les trucs des prestidigitateurs et des cascadeurs, ce jeune homme nous explique comment fonctionne un découpeur d'adolescent à la machette.

Quand on voir un slasher, tout ce qu'on remarque c'est un tueur omniprésent, indestructible, imposant et implacable qui trucide tout les adolescents dégénérés qui passent à sa portée, ne laissant généralement survivre qu'une pauvre fille innocente. Mais dans Behind the Mask on apprend que pour arriver à ce résultat il ne faut rien laisser au hasard.

Il faut trouver une bonne bande d'adolescent pleins d'hormones, de pétards et de bières, avec au milieu de tout ça une "survivante", c'est-à-dire une jeune fille innocente qui éliminera le tueur lors du dernier acte et qui pourra raconter ce qu'elle à vécu, semant ainsi les graines de la légende. Il faut ensuite impliquer progressivement la survivante dans l'histoire : faire une première apparition face à elle (dans une ruelle sombre, avec un événement préparé à l'avance pour détourner son attention, ici une porte claquant au dernier moment donnant la garantie qu'elle tournera un instant la tête, instant mis à profit pour disparaître dans l'obscurité, la laissant dans le doute). Ensuite l'orienter lors de son enquête sur le lieux maudit où elle se rendra, et s'assurer qu'elle fasse de tout ce cirque une affaire personnelle (ici en créant un lien de parenté virtuel entre elle et le tueur, merci Halloween).

Un bon slasher c'est un spectacle intégrale et sa préparation est longue : séances de gymnastique (un tueur doit être capable de courir très vite quand ses victimes ne le regardent pas, toujours avoir l'air de prendre son temps et ne jamais être essoufflé), étude avancée des veines et des artères (il faut que le sang gicle et que les victimes meurent toutes en un coup, vous imaginez Jason s'y reprenant à 3 fois pour décapiter une baigneuse de minuit ?), préparation du terrain (les fenêtres du rez-de-chaussée sont toutes bloquées, l'électricité est contrôlé par un commutateur radiocommandé qui permet de faire sauter les plombs au bon moment, et ainsi d'envoyer un imbécile à la cave), mise en place des pièges (pour empêcher toute évasion depuis l'étage les branches des arbres avoisinant ont étés soit élaguées soit partiellement sciées pour se casser à la première surcharge), apprentissage de la mécanique (il faut pouvoir saboter leur voitures entre deux meurtres, le timing est très serré), travail du look (une arme fétiche, ici la serpette, un bon maquillage blafard sous le masque, pour avoir l'air d'une sorte de mort-vivant, et surtout une crème facilitant la vasoconstriction et la coagulation semblable à celle utilisée par les boxeurs, car quel que soit les coups qu'il se prend un tueur ne doit jamais saigner), et choix des victimes.

Behind the Mask est un film qui paraîtra creux à ceux n'ayant jamais vu de slasher, ou ne connaissant que superficiellement le genre, mais pour les fans en ayant visionné une centaine c'est l'oeuvre ultime. Le making-of de tout ces carnages. L'explication rationnelle au retour systématique du tueur masqué qui s'était pris un coup de fourche dans la poitrine. L'envers du décors !
Si vous connaissez Drive Thru, Camp Blood, Bloody Murder, Sleepaway Camp, Vendredi 13, Scream, Halloween et Black Christmas, Behind the Mask répondra à toutes vos question, mettra en évidence tous les clichés et vous fera jubiler.

lundi 9 février 2009

Sl8n8 de Frank van Geloven et Edwin Visser

Sl8n8 (ou Slaughter Night) est un film d'horreur belgo-néerlandais réalisé par Frank van Geloven et Edwin Visser en 2006. Il est interprété par Victoria Koblenko, Kurt Rogiers, Jop Joris, Linda van der Steen, Steve Hooi et Carolina Dijkhuizen.



Sl8n8 n'est pas la formule chimique brute d'un quelconque composée transformant les innocents citoyens en zombi (dommage). C'est un jeu de mots en néerlandais (ça se prononce Slachtnacht, ce qui se traduirait par la nuit du massacre).

Après une ouverture mal montée nous présentant Andries Martiens, un méchant sorcier massacrant des enfant pour un rituel vaudou, nous passons au présent, avec une belle bande d'adolescents sous ecstasy. Les 10 premières minutes de Sl8n8 lorgnent d'ailleurs résolument du côté du film de fantôme. Notre héroïne se dispute avec son père au sujet d'un voyage qu'elle veut faire (vous savez, le coup "je veux voir le monde et partir en laissant tomber mes études, parce que c'est ça qui est cool"). Comme le papa conduit, il perd sa concentration... un accident est si vite arrivé. A partir de là la donzelle voit de trucs bizarres (comprenez qu'elle sursaute tout le temps quand quelque chose entre dans le champ de la caméra, ce qui est normal puisque cette entrée dans le champ est systématiquement accompagnée d'un grand bruit destiné à faire peur au spectateur). Finalement, pour se changer les idée, elle part chercher les affaire de son papounet, qui était un écrivain et dont le dernier livre parlait de Andries Martiens. Au passage elle emmène toutes ses copies décérébrés avec elle et fait une petite visite à la mine abandonnée où le type est mort.

Ne vous fiez pas aux apparence, ce qui commence comme un simple exercice de style sur les fantôme (avec la TV qui s'allume toute seul, les fenêtres qui s'ouvrent brutalement, poussées par le vent et les papiers qui volent dans tout les sens) est en réalité un clone maladroit d'Evil Dead saupoudré de The Descent et de The Cave. L'esprit de Martiens peut prendre possession des corps de son choix et en faire des créatures surexcitées et assoiffées de sang. Il ne s'en prive d'ailleurs pas et décapite tout ce qui bouge.

Nos "victimes" sont pour leur part dignes d'une production hollywoodienne. Bloqués par une panne d'ascenseur au fond d'une mine abandonnée et sois-distante hantée, ils décident de passer le temps, en attendant que les secours arrivent, en se shootant avec je ne sais quels comprimé... Du coup après ça nous donne le droit à des scènes du genre "séparons nous en deux groupes de un" ou "Je suis enfin sorti... que-faire ? Je ré-entre pour filer un coup de pouce aux autres !"

La photographie est moche (tradition germanique), mais l'obscurité le cache, et les effets spéciaux sont acceptables. Le rythme est bon, et l'ensemble est regardable. Ah, un dernier détail : le caméraman devait faire des cocktails dans une vie antérieur (ou alors il est atteint d'une forme précoce de Parkinson).