jeudi 10 septembre 2009

Small Town Folk de Peter Stanley-ward

Small Town Folk est un film anglais réalisé par Peter Stanley-ward en 2005. Il est interprété par Chris R. Wright, Dan Palmer, Greg Martin, Hannah Flint et Warwick Davis.



A force de regarder des petites séries B horrifiques et des DTV par centaines on finit forcément par tomber sur des bons morceaux. Non pas que je sois particulièrement difficile... si je n'aimais pas les slashers tournés avec un budget inférieur au prix d'une botte de radis et les yurei eiga filmés au caméscope par une bande d'étudiants en cinéma persuadé que remaker Ring peut se faire en un week-end je ne tiendrais pas ce blog. Mais on n'est jamais à l'abri des bonnes surprises.

Tenez Small Town Folk, par exemple. Ce truc est directement distribué en vidéo chez nous par Emylia. Il est édité au milieu de la collection Sélection Extrême qui contient des étrons du calibre de The Zombie Diaries ou Five across the eyes et pourtant il est très réussi dans son genre.

L'histoire parle d'une petite maison où faut surtout pas aller (dixit un vieux aux dents pourries) entourée d'une forêt où il faut pas partir cueillir des champignons. Évidemment toute une bande de jeunes va s'y rendre pour diverses raisons (parce qu'ils sont perdus où parce qu'ils cherchent un coin tranquille pour se livrer à des activités dont les gentilshommes ne parlent pas). A partir de là leur sort est assez prévisible... la région est en fait peuplée d'autochtones qui ferraient passer les 2000 Maniacs de Herschell Gordon Lewis pour des gentils garçons.

Le premier truc qu'on remarque c'est la photographie. Les couleurs sont étranges avec des incrustations volontairement mal intégrées. Du coup les personnages ou certains objets ressortent, un peu comme dans ces vieux jeux d'aventures bourrés de vidéo où se mêlaient allègrement images numériques, matte painting et acteurs incrustés. Personnellement j'apprécie, même si je ne voudrais pas voir ça trop souvent à l'écran. Au moins c'est original et ça rappel The 7th Guest ou Otogiriso. Après ce n'est pas toujours très égal tout au long du film et ça tend parfois vers les gris moche, mais vu les moyens on va dire que c'est réussi.

Ensuite il y a le montage qui tient par moment du trip sous acide, heureusement il est toujours lisible. Les gros plans déformés sur les visages sont légion et donnent un aspect western spaghetti rare dans ce genre de métrage. Les CGI se remarquent mais sont là où il faut quand il faut. Dommage encore une fois que le rythme soit inégal.

Small Town Folk est outrancièrement gore, déjanté et simpliste. On y voit exploser un écureuil et une maison, boire de l'essence et surtout trucider une grande quantité d'adolescents et de bouseux déjantés. Si vous rêvez de tourner un petit survival avec votre caméscope reçu à noël voilà un film à visionner de toute urgence. Il vous montrera précisément comment réussir un film d'horreur quand on n'a pas d'argent, pas de scénario et des acteurs approximatifs.

dimanche 6 septembre 2009

Dead Snow de Tommy Wirkola

Dead Snow (Død snø en VO) est un film norvégien réalisé par Tommy Wirkola en 2009. Il est interprété par Vegar Hoel, Stig Frode Henriksen, Charlotte Frogner, Lasse Valdal, Evy Kasseth Røsten et Jeppe Laursen.



Tommy Wirkola est a commencé sa carrière par une parodie pathétique de Kill Bill (Kill Buljo: The Movie). Mêlant des références lourd-dingues au film de Tarantino, lui-même essentiellement constituées de références, et de l'humour scatologique du plus bas étage, Kill Buljo était absolument consternant. Ses gags oscillaient invariablement entre le déjà-vu ("je suis ton père" et autre gimmick éculés), l'humour dégueulasse pas drôle (avec une obsession pour le viol homosexuel) et le maladroit involontaire (les duels étaient hallucinants d'amateurisme). Pourtant il fut un petit succès et réussit même à s'exporter, donnant à Tommy Wirkola l'occasion de mettre en boîte son second long métrage : Dead Snow.

Des jeunes étudiants en médecine se rendent en montagne. Ils ont de la musique qu'ils peuvent écouter à fond, des filles et de la bière (l'essentiel pour amorcer un film d'horreur, donc). Le première soir, un petit vieux passe et les prévient que le mal rode depuis la tragique confrontation entre les villageois et les soldats nazis qui étaient en garnison dans les environs pendant la seconde guerre mondiale...

Dead Snow est un film de zombi nazi. Mine de rien, le zombi nazi est un genre spécifique mais assez fourni : Shock Waves de Ken Wiederhorn, Le lac des morts vivants de Jean Rollin, L'Abîme des morts vivants de Jesus Franco, mais aussi, des jeux vidéos comme Bloodrayne, Wolfenstein 3D et Return to Castle Wolfenstein. D'ailleurs, dès les années 40, les scénaristes s'étaient intéressés au concept de soldat du 3ème reich rendu immortel par la magie vaudou avec des titres tels que King of Zombies ou Revenge of the Zombies.

Dans le genre le film de Tommy Wirkola est réussi. Les adolescents ne sont pas particulièrement attachants au débuts mais ils se prennent vite en main et, saisissants haches, marteaux et armes à feu, il fond du bon boulot. Loin d'un slasher, Dead Snow offre de belles scènes de carnages où les potentielles victimes font preuve d'un rare esprit de combativité. On est pas au niveau d'Evil Dead mais ça ne les empêche pas de se couper le bras à la tronçonneuse pour éviter d'être contaminés (référence respectueuse mais qui serait bien mieux amenée si, à cet instant du film, le geek cinéphile au t-shirt Braindead était encore en vie).

Les décors sont plutôt jolis (la Norvège en grand angle et en pleine montagne c'est beau), les maquillages bien pensés et le tout va assez vite pour que l'ennui ne pointe jamais son nez.

Alors, en attendant Worst Case Scenario ("ils ont envahi notre pays" et "ils nous ont volé notre coupe du monde") dont le trailer fait le tour du web depuis quelques années, vous pouvez toujours mater Dead Snow et profiter de ses hordes de SS mort-vivants.

jeudi 3 septembre 2009

Zéro de conduite de Jean Vigo

Zéro de conduite : Jeunes diables au collège est un film français réalisé par Jean Vigo en 1933. Il est interprété par Jean Dasté, Robert le Flon, Du Verron, Delphin, Léon Larive, Louis de Gonzague et Raphaël Diligent.



Jean Vigo est le fils de l'anarchiste Eugène Bonaventure de Vigo. Pas étonnant donc que Zéro de conduite fasse l'apologie de la révolution et du bouleversement de l'ordre établi. Mais ne vous attendez pas à un clone français d'Izo ou d'Il était une fois la révolution. Zéro de conduite se déroule entièrement dans un petit collège et narre l'oppression d'enfants par leurs surveillants et la rébellion qui s'en suit.

Tout démarre avec l'arrivée d'un nouveau pion, Huguet, dont la bienveillance va permettre à trois élèves perturbateurs, Caussat, Colin et Briel, toujours punis, d'ourdir un complot. Après avoir joué à imiter Charlie Chaplin et s'être attiré la sympathie des gamins en démontrant sa capacité à dessiner en faisant le poirier, Huguet va couvrir le plan des sauvageons...

Réalisé en 1933 mais interdit de projection pendant douze ans, car jugé "antifrançais", Zéro de conduite n'est sorti qu'à la libération, en 1945. Aujourd'hui, cette surréaliste histoire de collégiens organisant un coup d'état dans leur établissement scolaire semble pourtant délicieusement bénigne dans sa forme, même si le fond prête toujours à réfléchir.

La musique de Maurice Jaubert soutient admirablement bien certaines scènes muettes, même si le film est parlant et l'ensemble, sans atteindre le degrés de surréalisme d'un Luis Buñuel, tient de la pure poésie, tant visuelle que narrative. Alors si vous voulez rester un cinéphile déviant tout en vous cultivant un peu vous savez ce qu'il vous reste à faire... C'est même disponibles gratuitement sur Internet Archive, comme beaucoup d'autres excellents films d'avant 1940.

Trailer Park of Terror de Steven Goldmann

Trailer Park of Terror est un filma américain réalisé par Steven Goldmann en 2008. Il est interprété par Nichole Hiltz, Trace Adkins, Priscilla Barnes, Stefanie Black, Jeanette Brox et Madonna Cacciatore.



Dès l'ouverture deux texans discutent à la TV de Herschell Gordon Lewis (en citant 2000 Maniacs, son meilleur film) et de Massacre à la tronçonneuse. Deux bons exemples à suivre, mais Trailer Park of Terror n'a pas grand chose à voir avec ces références, si ce n'est peut-être l'usage impromptu de la musique qui rappelle le bijou de Lewis. Après tout Steven Goldmann a fait ses armes en filmant Metallica est connu pour Broken Bridges, une histoire mélodramatique de musicien country avec Toby Keith. Il signe d'ailleurs une partie de la bande originale.

Trailer Park of Terror est un film de fantômes, même si ces derniers sont dotés d'un look de zombi et peuvent se rafistoler après une explosion avec un rouleau de ruban adhésif et une agrafeuse. Comme la majorité des films de fantôme, donc, il navigue entre deux lignes narratives. D'un côté il y a le présent, où un groupe de jeunes en difficultés (comprendre drogués, cleptomanes, nymphomanes ou même gothiques) accompagnés d'un pasteur se retrouvent bloqués par un accident de la route dans un ancien parc à caravanes où il font la rencontre d'une bande de revenants particulièrement agressifs. De l'autre nous avons le passé, avec une histoire hyper-sordide de jeune fille abusée trouvant finalement la vengeance dans l'extermination de ses bourreaux.

Les deux facettes du film sont résolument différentes, rapprochant Trailer Park of Terror d'oeuvres plus complexes comme APT ou Bunshinsaba. Ce n'est pas la hantise qui prend aux boyaux et qui flanque la nausée, mais le récit du passé et les horreurs bien réelles ayant aboutit à la malédiction. Pour le présent c'est plus du délire pour adolescent, rythmé, coloré et déjanté. Nous avons ainsi le droit à un massage qui se termine la colonne vertébrale à l'air, à du stock car contre des zombis, à un cadavre maniant la guitare électrique et surtout à une belle brochettes de trépas gores.

Abusant du sexe, de la drogue et du rock 'n' roll, Trailer Park of Terror tient à la fois du délire de potache, du machin bassement racoleur et commercial et de la critique sociale sordide et nihiliste (mais à dose homéopathique). A vous de voir si le cocktail vous tente.

lundi 31 août 2009

APT. de Ahn Byeong-ki

APT. est un film coréen réalisé par Ahn Byeong-ki en 2006. Il est interprété par So-young Ko, Seong-jin Kang, Hie-jin Jang, Ha-seon Park et Yuko Fueki.



La Corée se distingue par une production de films de fantômes de qualité. Entre la saga des Whispering Corridors, Deux soeurs et Into the Mirror il y a de quoi à se régaler. Parmi toutes ces merveilles le travail de Ahn Byeong-ki se démarque. Réalisateur de Bunshinsaba et surtout de Phone il a su en l'espace de deux films prouver son talent et son exceptionnelle capacité à diriger ses acteurs. Il suffit de voir l'interprétation de Seo-woo Eun dans Phone pour s'en convaincre. Il existe à Hollywood des centaines d'acteurs adultes qui jouent infiniment moins biens que cette fillette de cinq ans.

APT. est son dernier film en tant que réalisateur mais aussi qu'auteur. Il s'agit de l'histoire de d'une femme célibataire et consacrant toute sa vie à son travail qui devient témoin d'un suicide dans le métro. A partir de là elle va ouvrir les yeux sur le monde qui l'entoure et faire la connaissance d'une de ses voisines, une jeune fille orpheline et paraplégique suite à l'accident de voiture ayant couté la vie à ses parents. Mais une vague de suicide sévit chez les connaissances de cette pauvre victime de la route.

Comme dans Whispering Corridors et Bunshinsaba, ce n'est pas tant l'histoire du fantôme présent qui intéresse le réalisateur que les événements sordides ayant mené à son apparition. En l'espace de quelques scènes qui rappellent les flash-backs d'Audition, Ahn Byeong-ki transformes les victimes en bourreaux et supprime toute sympathie à leur égard en même temps qu'il tisse une trame d'horreur sociale bien plus forte que n'importe quel yurei eiga.

L'héroïne, cantonnée à l'immeuble d'en face et regardant le microcosme de l'handicapée à travers ses jumelles devient une spectatrice impuissante, remarquable référence à Fenêtre sur cour. Ironie suprême, les rôles du paralysé, de l'assassin de la victime et de l'observateur sont remarquablement redistribués par rapport au film d'Alfred Hitchcock.

La réalisation est impeccable : chaque cadre est tracé au cordeau, chaque éclairage est soigneusement dosé, chaque plan est parfaitement mesuré. C'est presque trop parfait, avec des effets prévisibles mais efficace et une esthétique glaçante... Le casting est sans faute, et les décors peu variés renforcent l'impression de claustrophobie. Quand le générique finale arrive quel soulagement : il est enfin temps de quitter cette immeuble et son tragique passé.

APT. est un des meilleurs films de Ahn Byeong-ki. Il est donc incontournable pour les fans de fantômes asiatiques.

dimanche 30 août 2009

Slashers de Maurice Devereaux

Slashers est un film canadien réalisé par Maurice Devereaux en 2001. Il est interprété par Sarah Joslyn Crowder, Tony Curtis Blondell, Sofia Demedeiros et Kieran Keller.



Slashers c'est le titre d'une émission de TV japonaise où des candidats risquent leur vie en échappent pendant une durée donnée à des tueurs. Six candidats : 6 millions de dollars à répartir entre les survivants. S'il n'y a aucun survivant les 6 millions de dollars vont s'ajouter à la cagnotte de l'émission suivante. Et pour la première fois les six candidats sont américains !

L'ouverture du film nous présente l'émission, les candidats et les règles (ou plutôt l'absence de règle) dans un délire flashy et kitsch caractéristique des émissions de jeux japonaises. Mais, malgré ses références et son esprit, Slashers n'est pas un film japonais mais un direct to video canadien.

En dépit de son nom, Slashers n'est pas un slasher. C'est plutôt un survival (comme La colline a des yeux ou Détour mortel) avec des éléments de Battle Royale et de Running Man. Les candidats sont certes un peu caricaturaux mais ils sont pour la plus part dotés d'un système nerveux central et réagissent avec raison, tenant compte de leur connaissance de l'émission, des attentes du publique et des avis de leurs pairs. Bien entendu, comme dans Cube ou dans House of 9, l'essentiel des échanges sont liés à des conflits internes, mais au final on s'attache à la plus part d'entre eux.

L'intrigue basique au départ, se révèle être suffisante, avec quelques petits rebondissements biens trouvés, et ne pèche que par son final ridicule avec une happy end relative bricolée de partout qui laisse une impression d'arnaque. Si le film était japonais jamais une telle rustine n'aurait été employée... mais, en dehors de l'Asie, il semblerait que la fin d'une histoire soit rarement choisie en fonction de son impact ou de sa logique mais plutôt de sa capacité à ne pas choquer le pauvre petit spectateur décérébré qui va voir un film d'horreur mais qui ne veut surtout surtout pas être horrifié. Sinon il est fâché.

Dans l'ensemble, Maurice Devereaux s'en tire remarquablement bien. Tenant le rythme, son Slashers est plus que honnête pour un DTV et réjouira les cinéphiles déviants qui apprécieront notamment le fait que l'œuvre soit tournée en un unique plan séquence (même si quelques raccords sont nécessaires pour des raisons techniques, il sont toujours dissimulé avec une grande adresse). On avait rarement vu aussi grande ambition dans un film aussi cheap.

samedi 29 août 2009

Villmark de Pål Øie

Villmark est un film norvégien réalisé par Pål Øie en 2003. Il est interprété par Bjørn Floberg, Kristoffer Joner, Eva Röse, Sampda Sharma et Marko Iversen Kanic.



Cette semaine découvrez le cinéma horrifique norvégien avec Villmark, un métrage inclassable qui sur un fond de survival à la Détour mortel pille The Blair Witch Project.

Comme dans Severance, un étalon du genre, une bande de travailleurs partent ensemble quelques jours en montagne pour souder leur équipe et apprendre à agir ensemble. Ici ce ne sont pas des marchands d'armes (dommage) mais des cinéastes. A leur tête Gunnar, un réalisateur énigmatique et bourru magistralement incarné par Bjørn Floberg. Après une journée de marche ils arrivent dans un petit chalet aux abords d'un lac, propriété du réalisateur. Mais Gunnar agit de manière étrange et semble connaitre au sujet de ce lac brumeux des histoires peu recommandables.

Basé sur une horreur entièrement psychologiques, avec des personnages coupés du mondes et enfermés dans un extérieur somptueux, Villmark est un film étrange. L'histoire tourne autant autour du mystère qui entoure ce lac qu'autour des obsessions de Gunnar et de la manière dont il perd progressivement les pédales pendant que ses hommes tentent tant bien que mal de le supporter, tous désireux de garder leu travail.

C'est évident que les forêt norvégiennes sont plus écrasantes, plus esthétiques et plus majestueuses que celles de Blair Witch. Mais le mêmes scènes y fonctionnement différemment. Quand un de nos héros joue à l'effrayé en découvrant un cercle d'arbres dont l'écorce est marquée d'entrailles on se demande simplement ce qui le terrorise au lieu de partager sa peur.

Quand le dénouement arrive on est à la fois déçu et dérouté. La fin est confuse, maladroite et surtout reste bassement matérialiste quand tout le film tendait vers un surnaturel angoissant. Mais le reste de l'expérience valait vraiment le voyage et le goût amère de la déception s'estompe pendant le générique final.

Le masque d'halloween de Robert Mann

Le masque d'halloween (The Pumpkin Karver en VO) est un film américain de Robert Mann sorti en 2006. Il est interprété par Amy Weber, Michael Zara, Minka Kelly, Terrence Evans et Mistie Adams.



Un jeune homme taille une citrouille pour la nuit d'halloween quand sa soeur reçoit la visite de son petit ami. Après quelques échanges prouvant que le petit ami sus-cité est l'archétype même de la victime idéale pour un tueur en série (tout comme la soeur),la jeune fille s'éclipse et laisse en tête en tête les deux adolescents Occasion rêvée pour le copain d'insulter et de rabaisser le frère de sa petite amie, réaction typique de mâle américain hollywoodien ne pouvant affirmer sa virilité qu'à travers la maltraitance de ceux qui ont l'air plus faible que lui. Plus tard nous découvrons la soeur occupée à se choisir un costume... L'occasion idéale pour se faire attaquer par un tueur qui finalement la poignarde alors qu'elle hurle au secours. Seulement le frangin débarque, armé de son canif à tailler les citrouilles, et voyant le tueur masqué le saucissonne avec une précision et des réflexes à faire pâlir de jalousie un marine américain vétéran de la guerre du Vietnam.

Évidemment le tueur était juste le petit-ami décérébré et vulgaire, qui s'était déguisé pour faire une farce à sa compagne (très élaborée comme farce, puisqu'il s'était quand même pris quelques bon coups de pieds dans la gueule pendant l'opération)... Un an plus tard le petit frère est toujours traumatisé mais part quand même avec sa soeurette à une surprise party géante d'halloween.

D'ordinaire j'aime bien les slashers. L'histoire est toujours simpliste, le déroulement prévisible et les personnages stéréotypés mais ça fonctionne presque à tout les coups. C'est comme des crêpes, suffit d'avoir les ingrédients, la recette et quelques minutes pour être sûr de les réussir. Après c'est bourratif mais tout le monde aime ça.

Bien entendu il y a des hauts et des bas. Tout le monde ne peut pas pondre un Halloween comme celui de John Carpenter (ni comme celui de Rob Zombi, d'ailleurs). Malheureusement, Le masque d'halloween pourrait servir de mètre étalon pour définir précisément ce qu'est le bas. Le jeu des acteurs est pitoyable et la photographie est tout juste regardable, seulement sauvée par des éclairages presque inspirés. La mise en scène est rabâchée, studieuse et maladroite, comme le devoir d'un ado qui aurait mélangé 75% de copier coller pris sur le net avec quelques malheureuses phrases personnelles pour faire faire un lien entre le tout.

Si vous croisez Le masque d'halloween fuyez. C'est un navet calibré qui ferrait passer Burger Kill pour un chef d'oeuvre et Bloody Murder pour un film novateur.

lundi 22 juin 2009

Coming Soon de Sopon Sukdapisit

Coming Soon est un film thaïlandais de Sopon Sukdapisit sorti en 2008. Il est interprété par Worrakan, Punch Rotjanawatchr, Sakulrath Thomas et Chantawit Tanasaewee.



Après le Japon et la Corée, la Thaïlande s'est avéré une nouvelle terre bénie pour les amateurs de cinéma horrifique. Les thaïlandais savent faire peur, que ce soit avec des oeuvres s'inscrivant dans leurs traditions religieuses comme Hell de Tanit Jitnukul, Sathit Praditsarn et Teekayu Thamnitayakul et The Unseeable de Wisit Sasanatieng, ou des films gores bourrés de sorcellerie (la saga des Art of the Devil). Sopon Sukdapisit a travaillé sur le script du terrifiant Shutter et pour cela il est béni parmi les bénis. Voilà sa première réalisation, qu'il scénarise également : Coming Soon.

Le film est une énième variation sur le thème du fantôme vengeur. Ici c'est le spectre d'une vieille sorcière qui décime tous ceux ayant vu un certain film d'horreur narrant précisément l'histoire de la pendaison de cette dernière. Les premières victimes se trouvent dans le personnel d'un multiplex et nous suivons deux jeunes projectionnistes tentant de copier la bobine hantée avant sa sortie pour en permettre la diffusion pirate.

Coming Soon tire bien son épingle du jeu, malgré son intrigue de départ qui rappelle furieusement Ring et sa vidéo maudite, et en dépit de son développement d'un classicisme éculé (enquête sur la mort du spectre pendant que des scènes surnaturelles se multiplient et que les cadavres s'accumulent). Les scènes de frousses sont efficaces et le film dans le film est absolument terrifiant. Pour les habitués du cinéma hollywoodien où un enfant ne peut jamais être vraiment en danger les exactions de la sorcière sont épouvantables...

Rien de nouveau sous le soleil, mais un solide film de fantôme, avec une touche thaïlandaise qui le distingue des productions nipponnes et coréennes. Comme quoi Sadako n'a pas fini de faire des enfants partout dans le monde, et c'est tant-mieux.

The Cell 2 de Tim Iacofano

The Cell 2 est un film américain réalisé par Tim Iacofano en 2009. Il est interprété par Tessie Santiago, Chris Bruno, Frank Whaley, Bart Johnson et Larry Filion.



Je suis un grand fan de The Cell. Certes le scénario de Mark Protosevich n'est qu'un prétexte pour aligner des scènes oniriques surréalistes, mais cela reste une oeuvre d'une beauté et d'une originalité exceptionnelle. Chaque décor est majestueux et sublime, chaque costume est alambiqué et royal. Même si l'ensemble ressemble plus à une clip somptueux de 107 minutes qu'à un film il faut reconnaitre que le travail de réalisation de Tarsem Singh est époustouflant avec des références à Francis Bacon et Salvador Dali...

Voilà qu'en cette belle année 2009 sort une suite en direct to vidéo à notre chef-d'oeuvre sous estimé. Tarsem Singh cède sa place à Tim Iacofano, inconnu complet s'étant seulement illustré en mettant en boîte quelques épisodes de 24 heures chrono et des Experts : Manhattan.

Tessie Santiago prends la place de Jennifer Lopez dans le rôle de l'héroïne. Sauf qu'elle n'est pas une psy explorant l'esprit d'un tueur dans le coma à l'aide d'un appareil compliqué mais une sorte de voyante extralucide qui nous fait son trip à la Dead Zone en tripotant des objets des victimes et en ressentant des flash flous ou surexposés. Elle enquête sur The Cusp, un tueur en série qui exécute puis ramène à la vie ses victimes pour pouvoir recommencer (comme quoi, les pratiques écologique de recyclage touchent même les prédateurs). Elle en d'ailleurs été elle même victime, d'où la présence de ses dons.

Exit les décors grandioses, la photographie léchée et les couleurs chatoyantes. Nous avons un machin sans saveur ni esthétique qui ressemble plus à un mauvais téléfilm allemand qu'à une oeuvre d'art plastique. Les CGI sont pitoyables et rappellent les balbutiements des images de synthèses, la bonne volonté en moins. Parfois, l'espace d'un plan, on sent l'influence de The Cell puis tout s'estompe et il ne reste dans la pupille que le goût amère de la déception.

On pourrait disserter des heures en comparant les deux films tant tout les sépare : là où Tarsem Singh privilégiait les plans larges, les cadrages symétriques et propres et les travelling fluides, Tim Iacofano nous offre un montage haché, avec une caméra qui tremble et un angle de vue étriqué qui fait penser à Wolfenstein 3D (vous savez, le jeux vidéo sorti en 1992). Ses décors sont exigus et ses couleurs sont crades, baveuses et rouillés. Enfin, réfléchisses un peu : The Cell c'est pas Saw (surtout que Saw, sans le gore, n'est plus qu'un machin vide).

Les scènes oniriques sont rares (voir absentes, puisqu'il s'agit, la plus part du temps, de souvenirs), l'essentiel du film se résumant à une enfilade de clichés : le FBI qui s'engueule avec les flics bouseux, l'héroïne qui veut plus rempiler mais qu'on convainc en lui fourrant sous le nez une photo d'un innocente victime, une poursuite en bagnole, bref, ce genre de choses.

Pour conclure, The Cell 2 décevra les fans du premier, les amateurs de cinéma et les spectateurs doté d'une paire d'yeux. Les aveugles y trouveront peut-être leur compte s'ils ont la force de se boucher les oreilles pendant les 94 minutes que ça dure.

mardi 16 juin 2009

The Thing That Couldn't Die de Will Cowan

The Thing That Couldn't Die est un film américain de Will Cowan sorti en 1958. Il est interprété par William Reynolds, Andra Martin, Jeffrey Stone, Carolyn Kearney et Peggy Converse.



The Thing That Couldn't Die est un métrage bien connu des amateurs de nanars et de rétro-fantastique en noir et blanc. Avec son passage au Mystery Science Theater 3000 et sa moyenne de 2.6 sur IMDB il n'a plus rien à prouver.

Une jeune fille avec des dons de sorcellerie dévoile l'emplacement d'un coffre. Dans ce coffre se trouve la tête tranchée d'un criminel exécuté cinq siècle auparavant et encore en vie. Mais cette tête est maléfique...

Oscillant sans cesse entre le navet et le nanar, The Thing That Couldn't Die est relativement ennuyeux, même si le scénario pris dans son ensemble est vraiment rigolo. Jugez vous-même : la tête a le pouvoir d'hypnotiser n'importe qui en un simple regard, hormis l'héroïne protégée par son pendentif, et au lieu de contaminer tout le casting elle choisit la plus faible des femmes du groupe qui ne parvient même pas à débarrasser la jeunette de son bijoux. Je sais pas, moi j'aurais prix un ou deux mec costaud, j'aurais arraché l'artefact et le tour aurait été joué à la vingtième minute du film. Au lieu de ça la tête s'acharne à retrouver son corps... qui visiblement le rend vulnérable et le prive de tous ses pouvoirs ! Encore un bel exemple de créature maléfique surpuissante asseyant pendant tout le film de se retrouver délibérément dans une situation de vulnérabilité (c'est toujours d'actualité, pensez à Mirrors d'Alexandre Aja, par exemple).

Le rythme est poussifs et les 69 minutes du métrage sont essentiellement constitué de remplissage maladroit. L'héroïne, incarnée par Andra Martin, est correctement interprétée mais se voit affubler de répliques hilarantes (genre : "vous êtes tous méchants, je voudrais qu'un arbre vous écrase, nananère"). Cependant l'idée du contrôle d'esprit est bien pensée et on se prends par moment à apprécier le métrage, même s'il faut faire un efforts pour ne pas éclater de rire ou sangloter devant le gâchis.

dimanche 14 juin 2009

13 jeux de mort de Chukiat Sakveerakul

13 jeux de mort (13 game sayawng, parfois 13 Beloved) est un film thaïlandais réalisé par Chukiat Sakveerakul en 2006. Adapté d'une bande dessiné de Eakasit Thairatana, il est interprété par Krissada Terrence, Achita Wuthinounsurasit, Sarunyu Wongkrachang et Nattapong Arunnate.



Tout commence avec Puchit, un jeune cadre peu compétent, plaqué par sa fiancée pour des raisons financières et perdant dès les premières minutes du film son emploi. Il reçoit alors un coup de fil lui proposant de participer à un jeu constitué de 13 épreuves de difficulté croissantes avec 100 millions de bahts à la clef. Mais les actions demandées sont de plus en plus répugnantes et illégales.

Une succession de défis avec une grosse somme d'argent en jeu ce n'est pas vraiment une idée neuve. Dans le genre nous avons par exemple House of 9, centré sur un huis-clos psychologique et Tokyo 10+01, un délire total réalisé par Higuchinsky (responsable de l'incroyable Uzumaki).

Contrairement à des films comme Saw, Battle RoyaleNaraka 19, où c'est l'instinct de survie qui motive les joueurs à réussir leurs épreuves où à vaincre leurs concurrents, la seule motivation qu'à le héros dans 13 jeux de mort c'est l'argent, ce qui le rend immédiatement moins sympathique, même si sa bonne volonté et sa nature docile et généreuse permettent une certaine empathie. Puchit a la possibilité d'arrêter à tout instant la partie s'il renonce à ses gains, et le tour de force de l'oeuvre est de le faire oublier au spectateur.

La réalisation est simple et directe avec certaines scènes qui s'éternisent jusqu'à ce que la répugnance du spectateur soit totale. Le scénario, pour sa part, est un peu léger et cousu d'incohérences et de maladresses mais cela se pardonne facilement quand on constate l'efficacité de l'ensemble. 13 jeux de mort est la confirmation qu'après Art of The Devil de Tanit Jitnukul, 999-9999 de Peter Manus et The Unseeable de Wisit Sasanatieng, la Thaïlande est un nouvel eldorado du cinéma horrifique.