mercredi 14 janvier 2009

The Last Horror Movie de Julian Richards

The Last Horror Movie est un film anglais réalisé par Julian Richards en 2003. Il est interprété par Kevin Howarth, Mark Stevenson, Antonia Beamish, Christabel Muir et Jonathan Coote.



Après une introduction éculée avec un bulletin radio signalant l’évasion de tueurs lors de leurs transfert (les tueurs s’évadent toujours lors de leur transfert depuis Halloween), nous découvrons une serveuse balayant seule un petit restaurant routier. Au moment opportun un assassin jaillit dans son dos, armé d’un couteau... Neige FM, changement de piste vidéo et introduction de Max, le vrai héros du film, qui explique qu’il a effacé un obscur film d’horreur loué dans votre vidéoclub pour y enregistrer un documentaire sur son activité fétiche : le meurtre en série. Une idée intéressante permettant de donner une réalité aux images qui suivent.

En vous révélant d’emblée que non, un tueur n’a pas réellement loué The Last Horror Movie pour y enregistrer ses mémoires, je pourrais vous spolier le film. Ne vous inquiétez pas, je ne m’abaisserais jamais à faire ça si les éditeurs ne l’avaient pas eux-même fait de manière honteuse. En effet, la jaquette de la chose fait elle-même référence à Max, et à ses meurtres filmés en amateur alors qu’elle devrait normalement parler du film d’origine : The Last Horror Movie, un minable slasher sans mise en abyme avec un tueur d’adolescent condamné pour un massacre en colonie de vacance (merci Vendredi 13). De plus le principe même de l’illusion ne marche pas si The Last Horror Movie est vu en salle de cinéma, s’il est téléchargé, s’il est diffusé à la télévision, s’il est acheté ou même s’il est loué sur un support autre que la VHS (DVD et Blu-ray, par exemple).

Passé ce constat, qu’est The Last Horror Movie ? Du point de vue de la réalisation et de la direction de la photographie, c’est un navet, le maniement de la caméra singeant volontairement une production amateur pour faire croire à une réalisation live. Si le métrage voulait être crédibles le scope ne serait pas employé tout le long et les meurtres ne seraient pas montés (ou plutôt démontés, tant c’est pitoyable). Enfin, pour le réalisme, on se croirait revenu dans un giallo de Mario Bava pendant ses périodes désargentées : victimes respirant encore après leur strangulation, gorge tranchée sans contact avec la lame et marteaux en mousse.

Du point de vue du fond c’est une expérience condescendante, avec un tueur débitant des lieux-communs et des préceptes philosophiques de comptoir. Jamais discours banal d’aigris voulant sois-disant réfléchir sur le sens de la vie, de la mort et du cinéma d’horreur n’avait été aussi prétentieux. L’œuvre se situe cent mille kilomètres en dessous du tour de force de Michael Haneke sur Funny Games (réitéré pour Funny Games U.S, son remake fait à la photocopieuse). Chaque parcelle de réflexion, est plagiée. Pourquoi sommes nous fascinés par la violence cinématographiques (Funny Games) ? En quoi voir le monde à-travers un caméscope change-t-il notre rapport au réel (Benny's video, encore de Michael Haneke) ? Pourquoi tout le monde est-il si méchant (un mauvais épisode des Bisounours) ? Les dîners de famille sont parfois si ennuyeux, n’est-ce pas (Festen de Thomas Vinterberg) ?

Si vous voulez une bonne réflexion sur le cinéma violent regardez plutôt l’œuvre de Michael Haneke. Il n’a pas reçu le prix du jury à Cannes par hasard. Si vous cherchez un film sur les tueurs en série qui soit intelligent, avec une profonde mise en abyme, procurez-vous Behind the Mask: The Rise of Leslie Vernon, C'est arrivé près de chez vous ou Tueurs nés.

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